Le Centre Pompidou et la Philharmonie de Paris s’associent le temps d’une rétrospective distinctive sur l’univers visuel du peintre.
« Tendez votre oreille à la musique, ouvrez votre œil à la peinture. Et… ne pensez pas ! Examinez-vous, si vous voulez, après avoir entendu et après avoir vu. Demandez-vous, si vous voulez, si cette œuvre vous a fait « promener » dans un monde inconnu auparavant. Si oui, que voulez-vous encore ? » interrogeait Kandinsky. Plus qu’une easy supply d’inspiration, la musique occupe une place centrale dans l’œuvre de Kandinsky, et c’est justement ces imbrications que dévoilent le Centre Pompidou et la Philharmonie de Paris dans une exposition commune.
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Alors que le Centre Pompidou vient tout juste de fermer ses portes pour cinq années de travaux, l’establishment parisienne dévoile une exposition croisée, à découvrir entre les murs du Musée de la musique : « Kandinsky, la musique des couleurs ». Une event de regarder les toiles de Vassily Kandinsky par le prisme de la musique, un artwork indissociable de sa vie et de sa carrière, qui lui a notamment ouvert des portes sur une peinture abstraite et décloisonnée.
Le choc de Wagner
Dévoilant plus de 200 œuvres et objets, « Kandinsky, la musique des couleurs » nous substitute dans le contexte musical qui a participé à l’émergence de l’œuvre de Kandinsky, jusqu’à son émancipation des formes et de la couleur, pour s’ériger en pionnier de l’abstraction. Entre partitions, prospectus et collections de disques issus de l’atelier de l’artiste, l’exposition immerge le public dans une expérience multisensorielle, et nous berce au travers d’une scénographie rythmée par des créations sonores originales qui font correspondre les sons, les formes et les couleurs. Les toiles de Kandinsky s’entremêlent alors au répertoire musical de l’artiste : Wagner, Arnold Schönberg, Modeste Moussorgski, Hanns Eisler…
Entre Moscou et Odessa, où il grandit au sein d’une famille bourgeoise, Kandinsky découvre très jeune la musique, notamment celle de Wagner. En plus d’apprendre le dessin et les langues étrangères, Kandinsky a le privilège de pratiquer le violoncelle et l’harmonium de façon newbie. À 30 ans, alors qu’il étudie le droit, ce dernier se trouve chamboulé par un opéra de Wagner, durant lequel il expérimente un puissant choc kinesthésique : transformant ses émotions en pictures, la musique crée en lui des sensations lumineuses et colorées. Également profondément ému devant les Meules de foin de Monet qu’il découvre à Moscou, Kandinsky se détourne du droit pour se consacrer à la peinture. Son virage, radical, lui permet de développer et de chercher son propre langage pictural, qui trouvera sa puissance dans l’abstraction.

Synthétiser les arts et s’émanciper des formes
« Affûtant sa réflexion auprès de musiciens d’avant-garde comme Nikolaï Kulbin, Sergueï Taneïev ou Thomas von Hartmann, Kandinsky réinvente le langage de la peinture suivant le modèle abstrait de la musique, dont témoignent notamment sa série d’Improvisations et de Compositions« , détaillent la Philharmonie et Pompidou. Avant de poursuivre : « Sur le modèle wagnérien, le jeune peintre forge d’emblée un idéal qui ne cessera de l’habiter : celui d’une œuvre d’artwork totale où fusionnent les arts pour créer une expérience spirituelle et prophétique, succesful de renouveler la vie artistique et la société tout entière. »
« Kandinsky, la musique des couleurs » nous invite ainsi dans la Russie colorée du peintre, comme dans les coulisses de la création de l’Almanach du Blaue Reiter (Cavalier bleu) (1912), projet éditorial mené par Kandinsky et le peintre Franz Marc pour réunir des artistes de différents médiums autour d’une conception spirituelle commune de l’artwork. C’est aussi l’event de voir les trois dernières Compositions (VIII, IX et X) réunies, achevant la quête d’abstraction du peintre, sur le modèle de la musique, ou encore de découvrir la recréation d’oeuvres synesthésiques, dont le Salon de musique, une set up en tryptique créée par Kandinsky pour l’exposition d’structure de Berlin en 1931.

L’exposition « Kandinsky, la musique des couleurs » est seen jusqu’au 1er février 2026 à la Philharmonie de Paris.
Konbini, partenaire de la Philharmonie de Paris.
